Au Togo, les enseignants licenciés saisissent l'OIT
Photo d'élèves en classe à EPP Nouvelle Marche à Lomé (C) Alphonse Logo

Au Togo, les enseignants licenciés s’en remettent à l’arbitrage de l’OIT

Le Syndicat des Enseignants du Togo (SET) a confirmé, lundi, à l’Agence Anadolu avoir engagé cinq avocats pour dénoncer devant l’Organisation Internationale du Travail (OIT) « l’arbitraire » dont plus de 180 enseignants sont victimes de la part du gouvernement togolais dans le bras de fer qui oppose les deux entités depuis la mi-mars dernier.

Le SET a appelé à des grèves successives relativement bien suivies mi-mars en effet. Ces grèves courroucent le gouvernement. Ce dernier croyait en avoir fini quelques semaines plus tôt, avec les problèmes dans l’enseignement en signant un protocole d’accord avec plusieurs syndicats .

« Nous avons donné mandat à ces avocats de veiller à ce que justice soit rendue aux membres de notre syndicat. Ils ont été abusivement licenciés alors qu’ils ne faisaient qu’exercer leur droit de grève. Nous voulons être rétablis dans nos droits. » A indiqué à l’Agence Anadolu Kokou Mawouegna, secrétaire général du SET.

Encore faut-il le préciser, Kokou Mawouegna fait partie lui-même des enseignants en question.

Gilbert Bawara, ministre du Travail, de la fonction publique et des reformes administratives avait décidé en effet par arrêtés, de les relever de leur fonction enseignante. Il les a d’abord mis à la disposition de l’administration publique. Puis en licencié 112 d’entre eux purement et simplement.

Le bras de fer

Ces enseignants sont sur le coup de plusieurs chefs d’accusations dues aux  depuis mi-mars. On parle  »d’incivisme notoire »,  »d’incitation à la violence, à la désobéissance et à la révolte ». On les accuse également d’avoir posé des actes ayant  »entrainé des perturbations et troubles en milieux scolaires et dans certaines localités ».

« Faux ! », réplique le SET. Le Syndicat des enseignants du Togo va contre-attaquer le gouvernement devant l’OIT. Parce qu’affirme-t-elle, « la justice togolaise n’inspire plus confiance ».

« Les faits qui nous sont reprochés ne sont pas avérés. Nous sommes victimes de l’arbitraire et d’excès du pouvoir que les organisations internationales doivent corriger ». A insisté Kokou Mawouegna.

Et ce n’est pas tout. Il poursuite en disant que le syndicat a reçu le mandat de mener d’autres actions auprès d’autres juridictions internationales. Il évoque à titre de précision, une action de recours devant la cour de justice de la CEDEAO dans les jours à venir.

L’objectif étant de voir qui d’entre le gouvernement togolais et les enseignants grévistes, a raison dans ce bras de fer engagé depuis mi-mars 2022.

Les revendications des enseignants

Pour rappel, le Syndicat des enseignants du Togo a déposé sur la table du gouvernement une liste de cinq revendications. Il réclame « le paiement d’une prime mensuelle de logement de 50 000 Fcfa (environ 100 dollars) pour tout enseignant sans distinction en conformité avec la réforme de l’enseignement de 1975 ».

Il exige également « une prime annuelle d’éloignement d’au moins 300 francs CFA/km (0,6 dollar environ) ». Le SET demande aussi « l’intégration dans la fonction publique des enseignants volontaires exerçant ou ayant exercé dans un établissement public pendant 3 ans au moins et disposant de qualification professionnelle requise ». Il demande en outre « une allocation de mutation d’au moins 100 000 francs CFA (soit 200 dollars) pour l’interrégional ». Puis « une allocation de mutation d’au moins 60 000 francs CFA (soit 120 dollars) pour l’intrarégional ».

Des revendications que le gouvernement rejette au motif que l’organisation syndicale, pourtant dument constituée, n’est pas légale.

A noter que juste avant ces revendications, le gouvernement avait conclu un accord avec d’autres organisations syndicales dans lesquelles, les nouveaux grévistes ne se reconnaissent pas.

La rédaction (avec AA)

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