Robert Dussey, le ministre togolais des affaires étrangères a annoncé le 7 septembre à Addis-Abeba devant les chefs d’états et de gouvernements que le 9e congrès panafricain de Lomé se tiendra finalement du 8 au 12 décembre 2025 autour du thème « Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales : mobiliser les ressources et se réinventer pour agir ».
C’était à l’occasion du deuxième sommet Afrique – Caraïbes tenu sous le thème : « Partenariat transcontinental en quête de justice réparatrice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par le biais de la réparation ».
Représentant à l’occasion le Togo, il a pris la parole sur deux points dont celui de ce congrès prévu pour fin 2024 avant d’être reporté pour une question d’agenda de l’Union Africaine.
Affirmant que l’engagement du Togo aux côtés des nations frères du continent et des Caraïbes pour la cause de la réparation s’inscrit pleinement dans la réalisation de la Décennie 2021-2031 «Décennie des Racines Africaines et de la Diaspora africaine » décrétée par la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement en février 2021 à sa demande, Robert Dussey a indiqué que « c’est dans le cadre de la même Décennie que l’organisation du 9e congrès panafricain qui se tiendra du 8 au 12 décembre 2025 à Lomé ».
Le panafricanisme, nous le savons, met l’accent sur la solidarité entre les nations africaines dans la perspective d’aider à transcender les divisions héritées de la colonisation et entre les Africains et les Afro-descendants dans l’optique de reconnecter l’Afrique et sa diaspora. Il serait, selon le Président Kwame Nkrumah, entré en usage au début du XXe siècle lorsque le trinidadien Henry Sylvester-Williams et l’afro-américain William Edward Burghardt Du Bois « l’ont utilisé de lors de plusieurs congrès panafricains ».
Le 9e Congrès panafricain dont la phase préparatoire nous a conduit au Brésil l’année passée dans le cadre d’une conférence régionale dédiée aux diasporas et personnes d’ascendance africaine sera un rendez-vous où l’Afrique et sa diaspora parleront d’une seule et même voix.
Le Congrès de Lomé sera le lieu, a-t-il précisé, « de la réaffirmation de la valeur du panafricanisme pour assurer une continuité historique au mouvement, de la réaffirmation de l’unité et de la solidarité entre l’Afrique, sa diaspora et les personnes d’ascendance africaine, de la mobilisation des États et des peuples africains autour de la cause de la réforme des institutions multilatérales, de la proposition de pistes d’actions concrètes en faveur de la réforme de la gouvernance mondiale, de la réparation et de la restitution du patrimoine culturel africain, de l’affirmation de l’identité culturelle et de la créativité africaines, et de l’exploration des perspectives actuelles et futures du panafricanisme ».
« Le 9e Congrès panafricain marquera une étape décisive dans notre marche vers l’émancipation et dans la lutte pour obtenir la réparation due à l’Afrique et aux personnes d’ascendance africaine dans la gouvernance mondiale. Il sera une séquence essentielle pour une Afrique réconciliée avec son passé, debout dans son présent, et qui ne se laisse pas dicter son avenir » a-t-il poursuivi le chef de la diplomatie togolaise.
Se fondant sur l’affirmation de Georges Padmore selon laquelle l’idée du panafricanisme surgit d’abord comme une manifestation de solidarité fraternelle entre africains et peuples d’ascendance africaine, Dussey a mentionné que « ce congrès de Lomé permettra de réaffirmer la valeur paradigmatique du panafricanisme ».
Il a soutenu par ailleurs que « tout l’intérêt pour le panafricanisme en ce XXIe siècle pour l’Afrique et les personnes d’ascendance africaine réside dans la prise de conscience renouvelée que ce n’est qu’en étant unie que l’Afrique pourra véritablement prendre part à la gouvernance mondiale ».
Voilà pourquoi il pense que « la transformation que le mouvement a connu en devenant un mouvement des peuples est un élément essentiel sur lequel il faut capitaliser pour porter les préoccupations actuelles de l’Afrique et des personnes d’ascendance africaine en termes de dignité, de liberté, de souveraineté, d’indépendance, de respect et de représentativité dans le concert des continents et sur la scène internationale ».
Alphonse LOGO






