Table officielle à l'ouverture des assises (Photo: Courtoisie)
Table officielle à l'ouverture des assises (Photo: Courtoisie)

Santé de la peau : À Lomé, l’Afrique cherche des solutions au déficit de spécialistes

La Fondation Pierre Fabre tient à Lomé depuis ce 14 septembre 2026, les 4es Assises africaines de dermatologie. Organisées en partenariat avec la Société togolaise de dermatologie (SOTODERM), ces assises qui vont durer deux jours, constituent pour la fondation, un rendez-vous scientifique et médical de référence dédié aux enjeux de la santé de la peau sur le continent africain.


À Lomé, la question de l’accès aux soins dermatologiques dépasse désormais le seul cadre médical. Face au nombre limité de spécialistes et à leur concentration dans les grandes villes, les acteurs africains de la santé explorent la téléexpertise, la formation des agents de santé et les nouvelles technologies pour rapprocher le diagnostic et la prise en charge des patients.

Photo de famille des participants aux termes de la cérémonie d’ouverture des assises.

La situation togolaise illustre l’ampleur du défi. Le pays compte actuellement 24 dermatologues, dont 17 exercent à Lomé. Pour les populations vivant dans les autres régions, l’accès à un spécialiste peut ainsi devenir un parcours difficile. C’est dans ce contexte que se tiennent, les 14 et 15 septembre à Lomé, les 4es Assises africaines de dermatologie, organisées par la Fondation Pierre Fabre et la Société togolaise de dermatologie (SOTODERM).

Au-delà des échanges scientifiques, les participants venus de 22 pays cherchent surtout à identifier des réponses adaptées aux réalités africaines. La télédermatologie figure parmi les pistes déjà expérimentées. Depuis 2018, le dispositif soutenu au Togo a permis de former 202 agents de santé dans 50 centres et de prendre en charge plus de 52 000 cas de dermatoses courantes. Des données qui montrent qu’une partie de l’expertise peut être décentralisée lorsque les professionnels de première ligne disposent des outils et de l’accompagnement nécessaires.

Pour Béatrice Garrette, directrice générale de la Fondation Pierre Fabre, l’enjeu est précisément de permettre une prise en charge des maladies de peau « partout », et pas uniquement dans les capitales. Une approche qui fait des agents des structures périphériques des acteurs essentiels de l’équité d’accès aux soins.

Mais au-delà du déficit de spécialistes, la conférence inaugurale a posé la question de la manière de construire des réponses durables. Ainsi, d’après Dr Yves Thierry Barogui, de l’OMS Afrique, les Assises doivent notamment permettre de cartographier les plateformes et d’identifier les capacités existantes susceptibles de soutenir des soins intégrés. Il s’agit aussi de choisir les « portes d’entrée », en commençant par des services réalisables et des populations prioritaires.

Les échanges abordent également le potentiel de l’intelligence artificielle dans l’aide au diagnostic, notamment pour certaines maladies tropicales négligées à manifestations cutanées. Mais pour les participants, la technologie ne saurait remplacer les compétences humaines. Elle doit plutôt compléter la formation, faciliter l’orientation des patients et renforcer la collaboration entre professionnels.

Dans son allocution d’ouverture officielle de la rencontre, le ministre togolais de la Santé, Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi a souligné que les maladies de peau ne doivent pas être considérées comme des affections secondaires. Leur prise en charge participe pleinement à l’objectif de couverture sanitaire universelle, qui suppose de ne laisser à l’écart ni certaines maladies, ni certaines populations, ni certains territoires.

Les professionnels africains veulent ainsi faire de la dermatologie une question de santé publique à part entière, en misant sur une combinaison de formation, de coopération et d’innovation pour réduire la distance entre le spécialiste et le patient.

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