Le Président des Comores Azali Assoumani et l'opposant Salim Saadi fait du bruit
Le Président des Comores Azali Assoumani et l'opposant Salim Saadi

Aux Comores, Salim Saadi, refuse d’incarner « une opposition sectaire »

Pourquoi Salim Saadi a-t-il accepté de rencontrer le président Azali Assoumani ?

La question a animé les débats aux Comores, après la réception du président du parti Al Qamar par le chef de l’État Comorien. Dans l’opposition, ils sont nombreux à critiquer l’attitude de Salim Saadi.

Le 18 mars 2023, le président de la République des Comores a reçu en audience Salim Saadi, le président du parti d’opposition Al Qamar. Mais le contenu de leur entretien n’a pas été dévoilé.

C’est sur sa page Facebook, que l’opposant va brièvement évoquer  cette réception.

« J’ai été reçu en audience par le président de la République, avec qui nous avons fait un tour d’horizon des questions d’actualité » lit-on. Et Rien de plus.

Même son de cloche du côté de la présidence de la République qui va choisir ce même réseau social pour glisser quelques mots sur cette rencontre.

« le président de la République Azali Assoumani a reçu en audience Salim Saadi Al-Qamar ». C’est le mieux qu’on a pu lire sur la page facebook de la présidence comorienne. Puis silence radio.

À ce jour, on n’en sait pas plus sur les discussions entre les deux hommes politiques. Et ce n’est pas du goût des collègues de l’opposition de Salim Saadi. Puisque plusieurs voix se sont levées pour critiquer cette proximité entre Salim Saadi et le président Azali Assoumani.

« On ne peut être opposant et s’afficher de cette façon avec un homme qui est à l’origine du malheur des Comoriens » a déclaré par exemple un leader d’opposition qui a préféré garder l’anonymat.

« Salim Saadi roule pour le pouvoir », renchérit-il, avant de conclure, «  avec ou sans lui, nous nous battrons pour dégager Assoumani du pouvoir ».

Comme cet opposant, plusieurs Comoriens, y compris sur les réseaux sociaux, critiquent la proximité de Salim avec le pouvoir.

Des critiques de mauvais goûts …

« Discuter avec les autorités ne fait pas de vous un traître ». se défend Salim Saadi.

Et de poursuivre, « lorsque le président élu prête serment, il est du devoir de tous les citoyens de le reconnaître comme président».

Salim Saadi pense d’ailleurs que si l’opposition veut « faire avancer les choses », cela doit passer également par le dialogue avec les dirigeants comoriens.

« nous avons pris la mauvaise habitude de penser que les adversaires politiques sont ennemis et par conséquent ne doivent pas se parler. Ce n’est ni ma conception des relations humaines, ni mon approche politique. Lorsqu’on se dit démocrate, l’on doit avant tout privilégier le dialogue, y compris avec les adversaires politiques. Surtout lorsqu’il s’agit de parler du quotidien de nos compatriotes et de réfléchir à des solutions. Critiquer dans son coin ne suffit pas pour faire avancer les choses » a-t-il indiqué dans une interview accordée à Al-Fajr, un journal local.

Sa sortie n’a pas suffit pour trouver la clémence aux yeux de ses collègues de l’opposition. Ils sont nombreux à penser que les arguments avancés par Salim sont du mauvais goût. Des voies s’élèvent pour l’assimiler à un ‘acteur à double facette’.

Des accusations qui visiblement, ne font, ni chaud, ni froid à Salim qui reste sur sa ligne défensive. Il se présente toujours comme un opposant au régime actuel, mais refuse d’être à l’image d’« une opposition sectaire ».

Par Nevadia Nsayi

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