Alors que le pouvoir de Lomé est de plus en plus contesté par l’opposition et une partie de la diaspora à travers les réseaux sociaux, la convocation, vendredi dernier par le ministre Robert Dussey des affaires étrangères, de l’ambassadeur de l’Union Européenne au Togo M. Gwilym Jones, souffle du froid sur les relations bilatérales entre les deux parties habituées au dialogue.

En effet, le vendredi 12 septembre, a appris Ton Afrique Info, le ministre togolais des Affaires étrangères, Prof. Robert Dussey, a convoqué l’ambassadeur résident de la Délégation de l’Union européenne à Lomé suite à l’adoption d’une résolution du Parlement européen jugée « inacceptable » par le gouvernement togolais.
Le Togo considère comme une ingérence manifeste dans un dossier purement judiciaire et souverain. Dans un souci de réciprocité diplomatique, le chef de la diplomatie togolaise entend obtenir des explications claires sur le sens de cette démarche européenne et rappeler fermement que la justice togolaise s’exerce en toute indépendance, conformément aux lois nationales et aux standards internationaux. a indiqué le ministère dans une note distribuée à la presse
La partie européenne prend fait et cause pour Abdoul Aziz Goma. Ce citoyen irlando-togolais est détenu depuis 2018 à la prison civile de Lomé. Et d’après les informations, il a déjà été condamné à dix ans de prison pour sa une participation à des manifestations politiques contre le pouvoir de Faure Gnassingbé, autrefois Président de la République et actuellement Président du Conseil des Ministres.
Tortures s’exclame Bruxelles
« Arrestation arbitraire », « tortures », « détention au secret », les mots utilisés par l’Union Européenne pour dénoncer la détention de Abdoul Aziz Goma et réclamer sa libération résonnent très fort jusqu’au palais du pouvoir de Lomé qui n’a pas hésité de réagir, en dénonçant une ingérence flagrante dans ses affaires intérieures.
« La justice togolaise s’exerce en toute indépendance », martèle le chef de la diplomatie togolaise cité par le confrère Togo Breaking News, rappelant que la souveraineté nationale n’est pas négociable.
La convocation de Gwilym Jones, ambassadeur de l’Union Européenne au Togo depuis seulement un an, par Robert Dussey, peut donc être vu comme un affront de la part de Lomé de ne pas se plier à ces injonctions venant de l’extérieure, au risque même de froisser l’un de ses principaux partenaires financiers.
Pour rappel, cette passe d’armes survient dans un contexte déjà tendu, marqué par des critiques internationales sur l’état de droit et des mobilisations citoyennes.
Plusieurs cyber activistes et défenseurs de droits de l’homme agitent le drapeau des violations graves des droits des togolais depuis le mois de Juin 2025. Ils dénoncent des arrestations arbitraires, des tortures et réclament le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir. Ce dernier est arrivé au pouvoir depuis avril 2005, à la suite du décès de son père Gnassingbé Eyadéma qui lui, a totalisé 38 ans de règne sans partage.






