Au Togo, alors que 2026 est à nos portes, l’opposant togolais Jean-Pierre Fabre, maire de la commune du Golfe 4 et ancien chef de file de l’opposition, dresse un tableau sombre de la situation politique du pays et appelle à un sursaut citoyen face à ce qu’il qualifie de « dictature ».
C’est à l’occasion de son traditionnel message de vœux ce 30 décembre 2025.
Avec un ton empreinte de gravité qu’on lui connait, le président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) estime que l’année 2025 a été « une année de grave régression politique » marquée, selon lui, par une confiscation assumée du pouvoir par le régime de Faure Gnassingbé au pouvoir depuis 2005.
Pour Jean Pierre Fabre; « le régime a définitivement choisi de gouverner contre le peuple togolais, par la force, par la manipulation et par le mépris ».
L’opposant accuse le pouvoir en place d’avoir piétiné la Constitution de 1992, librement adoptée par le peuple togolais, en imposant notamment un Sénat qu’il juge illégitime et conçu pour verrouiller durablement le pouvoir. Il dénonce également les arrestations de citoyens pour leurs opinions, l’emprisonnement de jeunes militants engagés pour l’alternance, ainsi que la suspension de Radio France Internationale (RFI), qu’il considère comme une atteinte grave à la liberté de la presse.
« L’histoire nous regarde. Et nos enfants nous jugeront. Le Togo mérite mieux que la dictature, mieux que le mensonge, mieux que l’injustice, mieux que le règne de l’impunité » soutient l’ancien chef de fil de l’opposition togolaise.
Jean-Pierre Fabre est revenu dans son message sur les élections municipales de 2025, qui d’après lui, sont« truquées ». Il parle d’un processus « fondamentalement biaisé » et des fraudes massives opérées « à ciel ouvert ».
Evoquant le dernier congrès panafricain de Lomé un peu tôt, ce mois de décembre, M. Fabre soutient que le régime de Lomé, instrumentalise le panafricanisme pour dissimuler « la réalité d’un pouvoir illégitime, liberticide et anti-démocratique ».
Au-delà des atteintes aux libertés, l’ancien chef de file de l’opposition pointe une « confusion institutionnelle volontaire », marquée, selon lui, par l’accaparement de pouvoirs non prévus par la Constitution, le piétinement des symboles de la République et un discours sur l’état de la nation qu’il juge déconnecté des réalités.
« Un catalogue de mensonges et de vœux pieux, sans vérité, sans bilan, sans responsabilité », tranche-t-il, tout en soutenant que cette situation n’a rien d’accidentel. En ce sens qu’elle, dit-il, relève d’une stratégie délibérée d’un système « à bout de souffle », dépourvu de légitimité populaire et ne survivant que par la peur, la répression et la manipulation.
Face à ce constat, le leader de l’ANC se veut toutefois confiant et déterminé, « convaincu que le peuple togolais n’est pas condamné à la résignation ».
Il salue la montée des voix contestataires à travers le pays et au sein de la diaspora, notant que femmes et jeunes refusent désormais « le silence et l’arbitraire », et exprimant sa solidarité aux « détenus politiques et leurs familles ».
Jean Pierre Fabre a renouvelé son engagement à défendre l’avenir de la jeunesse togolaise, qu’il estime menacé par « un pouvoir personnel et dynastique ».
Il a lancé un appel à faire de la nouvelle année celle du sursaut et de la mobilisation citoyenne pour l’alternance démocratique.
« Personne ne fera le changement à notre place » a-t-il insisté






