Ce 30 décembre, à la veille de l’entrée dans l’année 2026, Faure Essozimna Gnassingbé, le Président du Conseil des Ministres de la République togolaise, a affirmé dans un discours à la nation togolaise, diffusé sur la Télévision togolaise, que le changement de République selon la nouvelle constitution togolaise n’est pas qu’un jeu de mots.
Cette réforme constitutionnelle, qui a consacré le passage d’un régime présidentiel à un régime parlementaire, est présentée par le chef de l’exécutif comme l’évolution la plus profonde de la Constitution togolaise depuis plus de trente ans. Une république où le centre de gravité de la vie politique se situe désormais au Parlement et où se décide la politique de la Nation, tandis que le Gouvernement est responsable devant les élus.
Le Sénat, a-t-il ajouté, porte désormais la voix des territoires, renforçant ainsi le rôle des régions et des communes. C’est donc, dans cet esprit de continuité de l’État, a-t-il précisé, qu’il est resté à la tête de l’exécutif, même si sa fonction a évolué du Président de la République au Président du Conseil des Ministres ou Président du Conseil tout court.
« Ce changement n’est pas un jeu d’écriture », a-t-il insisté, affirmant que la nouvelle République n’est ni une affaire de juristes, ni une réforme réservée aux élites politiques. Mais, un changement qui concerne directement la vie quotidienne des citoyens et la manière dont les décisions publiques sont prises.
Faure Gnassingbé a salué dans ce sens, le rôle du Parlement et du Sénat dans la conduite de cette réforme, tout en reconnaissant que « certains Togolais auraient souhaité un débat public plus large », et affirmant que le processus s’est finalement déroulé dans un climat institutionnel apaisé, guidé, selon lui, par l’intérêt national.
2026 en trois priorités
Pour 2026, Faure Gnassingbé a indiqué dans son discours à la nation togolaise, qu’il a fixé au Gouvernement trois priorités pour servir de socle de l’action publique : protéger, rassembler et transformer.
« Nous allons changer de méthode, faire vivre autrement notre démocratie, ouvrir un nouveau chapitre, sans casser ce que nous avons construit. Pour cela, j’ai fixé au Gouvernement trois priorités simples : Protéger, Rassembler, Transformer. Elles donnent un sens concret à ce changement de régime. Et elles résument, au fond, ce que je vous dois comme Président du Conseil : la sécurité, l’unité, et l’avenir » a rassuré le PCM en réponse aux interrogations sur l’impact concret de cette réforme.

Protéger, a-t-il expliqué, reste la première responsabilité de l’État. Cette protection concerne aussi bien la sécurité du territoire, dans un contexte régional instable, que la sécurité sociale et économique des populations. Il a rendu à ce stade, un hommage aux forces de défense et de sécurité, tout en soulignant que la stabilité ne repose pas uniquement sur les armes, mais aussi sur « le développement, l’emploi, l’accès à l’éducation, à la santé et aux services essentiels ».
S’agissant de la deuxième priorité (rassembler), Faure Gnassingbé a indiqué que ce point vise à renforcer l’unité nationale à travers une gouvernance plus équitable des territoires.
La décentralisation, a-t-il martelé, « n’est pas un slogan », mais une manière de gouverner autrement, en associant davantage les élus locaux à l’action publique. Il a également plaidé pour un dialogue durable entre majorité et opposition, affirmant que cette dernière est « une composante essentielle de la République ».
Dans cet esprit d’apaisement, Faure Gnassingbé a annoncé avoir demandé au ministre de la Justice d’exécuter les décisions de grâce et de clémence prises lors du dernier Conseil des ministres. Une démarche qu’il présente non comme un signe de faiblesse, mais comme une volonté d’éviter que des erreurs ou des moments d’égarement ne deviennent des destins brisés.
« En 2026, je souhaite qu’une culture politique nouvelle s’impose : une culture politique de respect, où l’on critique les idées, mais jamais les personnes, où l’on s’oppose sans se déchirer, où l’on débat sans se détruire. Franchissons ensemble cette étape supplémentaire vers un climat politique plus apaisé, où les désaccords s’expriment de manière constructive, sans violence ni dégradations » a indiqué Gnassingbé.
Au titre de la troisième priorité, le Président du Conseil des ministres au Togo a expliqué qu’elle sera la plus exigeante, en ce sens qu’elle appelle à franchir une nouvelle étape du développement basée sur plus d’investissement dans le capital humain. C’est à dire l’éducation, la formation, la santé et la jeunesse.
Cette transformation, a-t-il insisté, doit être visible dans tous les territoires et bénéficier à toutes les catégories sociales: des femmes aux jeunes, des agriculteurs aux entrepreneurs, et des personnes vulnérables.
La transformation en question concernera également « une diplomatie active, destinée à attirer des investissements, renforcer l’intégration régionale et défendre les intérêts du Togo sur la scène internationale ».






