Arrestation et expulsion de Paul-Henri Sandaogo Damiba vers le Burkina Faso

L’ancien président de la transition burkinabè, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été arrêté à Lomé puis expulsé de manière expéditive vers Ouagadougou, selon les médias togolais ce 19 janvier 2026.

D’après les informations rapportées par Africa Intelligence et largement relayées par la presse locale, l’interpellation a été menée par les services de sécurité togolais sur instruction directe de la présidence. Dès le lendemain, Damiba a été remis aux autorités burkinabè via un vol privé affrété par le renseignement togolais. Cette opération, conduite dans la plus grande discrétion, met un terme à un exil devenu politiquement intenable pour le Togo.

Depuis plus de deux ans, le lieutenant-colonel Damiba s’était réfugié au Togo, au lendemain du coup d’État mené par le capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022. Jusqu’alors, il n’avait jamais été inquiété par le pouvoir de Faure Gnassingbé.

Dès lors, une question se pose : pourquoi Lomé livre-t-elle finalement l’ex-président burkinabè au capitaine Traoré, qui assure depuis quelques mois la présidence tournante de l’Alliance des États du Sahel (AES) ?

Selon les griefs formulés par Ouagadougou, le régime d’Ibrahim Traoré accuse Damiba d’être l’un des cerveaux d’une tentative de déstabilisation majeure. Ce complot, qui visait à renverser le pouvoir en place, devait être déclenché début janvier avec des soutiens extérieurs. Ces accusations ont été portées publiquement à plusieurs reprises depuis que l’officier s’est installé dans la capitale togolaise.

Face à ces soupçons, les autorités togolaises auraient adressé deux mises en garde formelles à l’ex-dirigeant, fin décembre 2025 et début janvier 2026, l’enjoignant de respecter son obligation de réserve.

Cette expulsion répondrait à un impératif diplomatique : le Togo est un allié stratégique de l’AES et son chef de l’exécutif est engagé dans plusieurs médiations pour la paix dans les pays membres. Par conséquent, Lomé ne pouvait plus se permettre d’héberger une figure perçue comme une menace par ses voisins.

Contactée par Ton Afrique Info, la ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Yawa Kouigan, a affirmé ne disposer d’aucune information officielle permettant de confirmer la situation du lieutenant-colonel. Elle n’a toutefois pas infirmé la nouvelle.

Désormais entre les mains des autorités burkinabè, Paul-Henri Sandaogo Damiba fait face à de lourdes accusations de haute trahison et d’atteinte à la sûreté de l’État.

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